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Rosemont, dans tous ses états

Le 17 mai dernier, 140 personnes de divers horizons se sont réunies au Centre Alphonse-Desjardins afin de dresser un portrait de la situation des Rosemontois en 2005.

Rosemont est en pleine transformation. Le développement immobilier récent de certains secteurs, des écoles menacées de fermeture, des églises qui doivent se trouver de nouvelles vocations, ou encore le boum commercial des rues Beaubien et Masson, sont autant de signes du mouvement qui anime le quartier.

Pour explorer les différentes facettes de cette mutation, plus d’une centaine d’artisans du développement solidaire de Rosemont se sont réunis le 17 mai, au Centre Alphonse-Desjardins, afin de mettre à jour l’album photo des différents visages du quartier. Une journée qualifiée d’historique par l'organisateur, la Corporation de développement communautaire (CDC) de Rosemont.

Au menu de la journée : des ateliers d’échange sur une série de thèmes identifiés comme importants pour le quartier, entre autres, le logement, l’emploi, la sécurité alimentaire, la santé mentale, l’entraide, la famille, les jeunes, les aînés, les nouveaux arrivants.

« Pour saisir Rosemont, il faut le faire avec des esprits qui le connaissent, qui l’aiment, qui y vivent et qui y travaillent », a souligné France Brochu, coordonnatrice de la CDC de Rosemont, qui se présente elle-même comme une « amoureuse transie » de ce quartier.

« Sept ans après le premier portrait de quartier, il faut refaire l’exercice de façon élargie, en invitant des représentants de tous les secteurs : citoyens, intervenants, représentants politiques. C’est un pas de plus pour un quartier tissé plus serré ».

Où est-ce ?

La matinée s’est ouverte sur un diaporama sous forme de quizz qui proposait aux participants de tester leur connaissance de Rosemont en identifiant des gros plans sur certains endroits symboliques du quartier.

On s'est ainsi promené du secteur moins connu de Nouveau Rosemont au site Angus en passant par le CPE Rosemonde, un des sept centres de la petite enfance aménagés sur le territoire, l’école Sainte-Gemma, menacée de fermeture, l’ancien hôpital Bellechasse, que le milieu souhaiterait voir transformé en logements sociaux, le parc Pélican, un des 20 parcs du quartier, et la cathédrale Sainte-Sophie, témoignage de la présence des communautés culturelles.

Qui sont-ils ?

Afin de mieux connaître les conditions de vie des Rosemontois, Suzanne Crête, directrice adjointe du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) local, a brossé à grands traits un portrait sommaire réalisé à partir des statistiques de 2001.

Un des grands quartiers de Montréal, avec plus de 80 000 habitants, Rosemont doit compter avec un nombre croissant de personnes vivant dans l’isolement et un taux de défavorisation supérieur à la moyenne montréalaise.

Si la population a fortement augmenté au cours des dernières années, notamment à la suite de la construction de la Cité Paul-Sauvé et du développement du site Angus, on note une présence de plus en plus importante de familles monoparentales et de personnes de plus de 65 ans. Environ 72% des résidants sont des locataires, et le coût moyen du loyer reste inférieur à celui de Montréal.

Les jeunes du quartier sont moins scolarisés que la moyenne montréalaise et souffrent de davantage de problèmes sociaux. Rosemont détient également un des plus haut taux de la métropole pour le nombre d’adolescentes enceintes.

Par contre, grâce à la relance de l’économie, le nombre de personnes vivant du chômage ou de l’assistance emploi a considérablement diminué. Un ménage gagne en moyenne 40 000 $ dans le quartier. Toutefois 35 000 personnes, soit 44 % de la population vivent une défavorisation matérielle ou sociale.

Mobilisation citoyenne

Stéphane Corriveau, coordonnateur du Comité logement Rosemont, a pour sa part décrit la mobilisation citoyenne qui a permis de réunir quelque 10 000 signatures en faveur de la construction d’un millier de logements sociaux dans le quartier.

Cette journée complète a rassemblé des représentants de groupes communautaires, d'économie sociale, d'insertion à l'emploi, de loisirs, de culture, de développement économique, des représentants des milieux institutionnels ( CSSS Hochelaga-Maisonneuve, Olivier-Guimond et Rosemont, Commission scolaire de Montréal, arrondissement ), la députée de Rosemont, Rita Dionne-Marsolais, ainsi que des citoyens engagés dans la communauté.

Cet exercice est une première étape vers la mise à jour des priorités d'action dans le quartier que tous ces gens, intervenants comme citoyens, souhaitent se donner afin d'orienter leur travail pour les prochaines années. Cette mise à jour des priorités de quartier se fera à l'automne.

Sur la photo : Près de 140 personnes de tous les milieux ont participé au grand remue-méninges sur le quartier Rosemont.

 

Carole le Hirez – 24 mai 2005

 

Source : Arrondissement.com / Rosemont —